La Laïcité ou les laïcités en France ? - Filiations, approche comparatives et controverses -

 

 

Introduction :

 

En 1905, est votée en France, la loi de séparation de l’Église et de l’État. Celle-ci est considérée comme instaurant le principe de laïcité en France, même si le terme en soi n'y figure pas.

L'étude de la notion de laïcité, nous conduira à nous interroger sur plusieurs points. Tout d'abord, quels sont les origines intellectuelles de cette notion ? Ensuite, nous serons conduit à nous demander de quelles formes d'organisation des rapports entre l’Église et l’État s'oppose la laïcité et si la laïcité est une forme propre à la France ? Enfin, nous serons conduits à examiner les critiques qui sont faîtes en France à la laïcité et les différentes conceptions de la laïcité française qui s'opposent ?

L'approche qui sera adopté ici consiste à mettre en lumière les controverses autour de la notion de laïcité. L'enjeu est de montrer que la laïcité est un concept et non un fait. Il n'existe pas un fait en soi, mais des luttes de qualification et de définition au sein de cette notion. Ces luttes sont présentent dans l'examen des filiations historiques de la notion de laïcité. Elles sont également présente dans l'affirmation ou non de l'existence d'un modèle français qui serait singulier par rapport au reste du monde. Il s'agit d'enjeux par la définition externe de la laïcité. Enfin, elle porte dans la définition même de la laïcité par une lutte sur sa définition interne.

 

 

I- Les origines historiques et intellectuelles de la laïcité

 

La laïcité s'inscrit dans un mouvement plus profond sécularisation des sociétés occidentales. La question qui est soulevée porte sur les origine de ce mouvement de sécularisation. Peut-on le situer comme une conséquence du christianisme ou comme un effet indirect de l'apparition de divisions entre catholicisme et protestantisme ?

 

1- La sécularisation de l'Occident : une origine chrétienne ?

 

- Discussion de la thèse selon laquelle sécularisation liée au Christianisme : « rendre à Cesar ce qui est à Cesar », « mon royaume n'est pas de ce monde ».

Au contraire, par exemple dans l'Islam, Mohamed serait un chef religieux, politique et militaire.

 

- Thèse contestable car :

- Durant tout le moyen-âge et l'époque moderne, les rois en Europe ont construit leur pouvoir en s'affranchissant du pouvoir de l’Église catholique :

- Pape, pas seulement chef spirituel, mais également politique, en Italie : Etats pontificaux.

- Au Moyen-Age, Conflit entre Pape et Empereur Frederic Barberousse : le Pape soutient un autre candidat à la direction de l'Empire.

- Conflit entre le Pape et Henri VIII d'Angleterre : rupture avec création de la religion anglicane

- Eglise gallicane en France : affirmation d'une relative indépendance à partir du Moyen-Age de l’Église de France par rapport au pouvoir du Pape : les souverains français nomment les évèques.

 

- Thèse contestable : en 1905, au moment de la séparation de l’Église et de l’État, le Pape Pie X condamne violemment la loi de 1905. La France est divisée. Les relations diplomatiques officielles avec le Vatican ne sont rétablies qu'après le première guerre mondiale.

 

2- Des guerres de religion en Europe à la Renaissance aux Lumières : l'idée de tolérance

 

- Le Moyen-Age en Europe Occidentale est caractérisé par une relative homogénéité politico-religieuse : tous les souverains reconnaissent le pouvoir du pape.

- Il existe une minorité juive qui vit en Europe. Elle est victime de discrimination. Par exemple, Saint Louis la contraint à porter un symbole, la rouelle et à vivre dans des Ghettos

- Existe des hérésies, mais qui sont impitoyablement écrasées : comme les cathares dans le sud ouest de la France.

 

- Mais à la Renaissance : Réforme protestante avec Luther et Calvin.

- Certains aristocrates se rallient à la réforme. Les pays du nord de l'Europe en particulier adhèrent au protestantisme.

- L’Angleterre : le Roi Charles X est décapité, Première guerre civile anglaise, Cromwell instaure une dictature. Massacre de catholiques

- La France est divisée : la monarchie et une partie de l'aristocratie restent catholique, mais une partie de l'aristocratie se rallie au protestantisme. Contestation du pouvoir royal. Catherine de Médecis organise le massacre de la Saint-Barthélémy.

 

Le principe de tolérance :

 

Henri IV, initialement Roi de Navarre et protestant, se convertie au catholicisme pour accéder au trone après son mariage avec Marguerite de Valois.

 

Il signe l'Edit de Tolérance ou de Nantes qui apaise les conflits. Assassinat par un fanatique catholique : Ravaillac.

Richelieu se méfie des protestants : édit de Nantes a concédé des places fortes aux protestants, en particulier à La Rochelle : il fait démanteler la place forte. L'édit est révoqué par la suite par Louis XIV. Crainte de la constitution d'un Etat dans l’État.

 

En Europe, des penseurs défendent la tolérance religieuse à partir du XVIIe siècle : Pierre Bayle, John Locke, puis au XVIIIe comme Voltaire.

 

John Locke, Lettre sur la tolérance : les conversions de force sont inutiles. On ne peut pas forcer des consciences. Le pouvoir politique ne doit pas se fonder sur une religion en particulier. Doit accorder la tolérance religieuse. A l'exception de l'athéisme : pensent que ne croyant pas en Dieu et en sa justice, ne respecterait aucune lois.

 

Voltaire : reste Célèbre pour son combat dans l'affaire Calas. Il défend Calas, protestant, accusé injustement d'avoir tué son fils car il se serait converti au catholicisme.

 

Les philosophes des Lumières au XVIIIe ne sont pas nécessairement athée, ils sont pour beaucoup théistes. C'est à dire qu'il croient en un Dieu. Mais ils sont souvent favorable à une religion naturelle et critique vis-à-vis des religions instituées dans lesquelles ils voient une source de fanatisme.

Le fanatisme, c'est le fait d'utiliser la force physique pour imposer une croyance religieuse.

 

3- Le contexte de la loi de 1905

 

En 1870, la France perd la guerre contre la Prusse et le IIIe Empire est renversé. Se met en place un régime qui est pris principalement entre deux tendances les monarchistes et les républicains.

Les monarchistes, en particulier, les légitimistes sont favorables à une conception du pouvoir dans lequel le catholicisme est la religion officielle de la France et qui appuie la légitimité de la monarchie.

Les Républicains voient dans l’Église catholique, un foyer réactionnaire de contestation de la République. Les Républicains sans être nécessairement athées, sont anti-cléricaux. Le Pape est opposé à la République. Jules Ferry met en place par trois lois, 1881-1882, un enseignement gratuit, laïc et obligatoire. Il s'agit de parer à l'influence de l’Église dans la formation des consciences et dans l'enseignement. Au cours de religion, sont substitués des cours de morale laïque.

 

Sur le plan scolaire, cela implique que dans l'enseignement public, les espaces publics, les programmes et les enseignants doivent être neutres par rapport aux références aux référence religieuses.

 

C'est toujours dans ce contexte d'opposition entre la République et l’Église catholique qu'est votée la loi de 1905 qui instaure une séparation entre l’Église et l'Etat. Cela implique la neutralité religieuse de l'administration publique à savoir de ses espaces et de ses fonctionnaires.

 

II- Laïcité et autres modèles : ce qu'elle n'est pas et ce qu'elle est.

 

Pour mieux cerner la notion de laïcité, on va s’intéresser aux différents modèles de rapport entre l’État et la religion. La question vise à savoir si la laïcité est un modèle strict, propre à la France, ou s'il s'inclut dans un modèle plus large de tolérance religieuse dont il n'est qu'une des sous catégories ?

 

1- Les contre-modèles : à quels autres modèles s'oppose la notion de laïcité ?

 

La notion de laïcité s'oppose à des conceptions de l'organisation du pouvoir qui considèrent que le pouvoir religieux peut avoir une influence dans la direction du pouvoir politique.

 

- La théocratie : le pouvoir religieux et politique sont confondus. C'est le cas du Vatican où le Pape est à la fois le chef de l’État et le chef du pouvoir religieux.

 

- La monarchie de droit divin : conception qui domine en Europe Occidentale à l'Epoque moderne. Le Roi est réputé tenir son pouvoir de Dieu. Il s'appuie sur l’Église pour légitimer son pouvoir.

 

- La religion civile : durant la Révolution française, Robespierre organise le culte de l'être suprême. Influence de Rousseau, Du Contrat social : une société ne peut tenir sans religion – religare= relier-

Organise Fête à l'Etre suprême. Religion de l'être suprême se veut une alternative au rôle de la religion catholique.

 

- L'athéisme : le marxisme était dans la continuité d'une partie de la philosophie des Lumière athée. Considère la religion comme un facteur d'asservissement de l'être humain. Les ex-pays soviétiques et la Chine communiste sont officiellement athée. Se double d'une politique de persecution d'interdiction de la pratique religieuse et de persecution des minorités religieuses.

 

- La religion d’État : l’État affirme l'existence d'une religion officielle. Modèle plus ambiguë. En effet, l’État peut reconnaître une religion officielle et accepter la liberté de conscience religieuse. Le Chef de l’État peut être le Chef du pouvoir religieux et ne pas avoir de pouvoir politique. C'est le cas par exemple de l'Angleterre.

 

2- La laïcité, une notion strictement française ?

 

Cela conduit à se demander si la notion de laïcité est propre à la France ou si elle existe dans d'autres pays.

 

Certains affirment que du fait de la non-existence de la notion même de laïcité dans d'autres langues que le français, la laïcité serait une notion proprement française. D'autres considèrent, que la notion de laïcité peut s'appliquer à tous les régimes politiques qui garantissent la liberté de conscience religieuse en conformité avec la déclaration des Universel des droits de l'homme de 1948.

 

Deux autres exemples :

 

- Le modèle anglo-saxon : libéralisme et tolérance : liberté de conscience religieuse. Pas de séparation religion et Etat. Le président des Etats-Unis prêtent serment sur la bible. En revanche, les fonctionnaires publics peuvent porter des signes religieux ostensibles. Loi française sur les signes religieux (pour le Président Obama) : considérée comme attentatoire aux libertés des croyants.

 

- Le modèle Turc : Ataturk, fondateur de la République Turc, impose un modèle strict de séparation entre Islam et Etat. Dans le modèle kémaliste, le port du voile était interdit dans l'ensemble de la fonction publique, y compris aux étudiants dans les universités. Assoupli avec l'arrivée au pouvoir des Islamiste modérés.

Islamisme (à ne pas confondre avec Islam) : conception politique qui considère que le pouvoir politique de l'État doit être fondé sur l'Islam.

 

- Politique des accomodements raisonnables au Quebec : Conception qui consiste à adapter les sociétés modernes aux conséquences des sociétés multiculturelles en particulier sur le plan religieux. Néanmoins cette orientation a entraîné d'importants débats car des demandes de minorités ont été jugés excessives (ex : élèves Sikhs demandant à pouvoir se rendre à l'école avec leur sabre).

 

Il existe néanmoins peu de pays qui ont la notion de laïcité dans leur vocabulaire, plutôt la notion de « sécularisation ». L'un des rares autres pays a avoir le terme de laicité dans sa constitution, est le Portugal.

 

Si on compare les différents pays concernant leur politique concernant les signes religieux ostensibles, on observe une grande variabilité selon les pays et des modifications allant dans le sens d'un assouplissement ou d'un durcissement selon les pays : par exemple certains pays d'Afrique sub-sahriennes ont interdit le voile intégral, d'autre pays comme l'Allemagne ont assoupli leur législation sur les signes religieux dans la fonction publique.

 

III- Les conceptions de la laïcité françaises

 

La notion de laïcité a été critiquée traditionnellement en France par ceux qui considèrent que l’Église catholique était à elle seule à même de garantir les fondements de l’État Français. Mais chez les partisans de la laïcité, celle-ci à donné lieu à des interprétations divergentes. La laïcité ne serait donc pas une notion monolithique, mais l'enjeu de rapport sociaux de qualifications, de lutte sémantiques.

 

1- Les controverses sur l'application de la loi de 2004.

 

En 1989 ont lieu les premiers cas d'expulsion d'élèves voilées par des proviseurs. Cela aboutie pendant près de 15 ans à une situation de conflit entre les textes réglementaires : la circulaire Bayrou légitime les expulsions de signes ostensibles tandis que le Conseil d’État ne considère les expulsions légitime que lorsqu'il y a prosélytisme.

 

La loi de 2004 vient mettre fin à ce conflit au sein du pouvoir réglementaire : Les signes religieux ostensibles portés par les élèves sont interdits dans le primaire et le secondaire. Sont autorisés les symboles discrets.

 

En 2013, afin de renforcer l'application de l'esprit de la loi dans les établissement, le Ministre Vincent Peillon fait adopter une charte de la laicité qui doit être affiché dans les établissements, transmis aux parents et étudié avec les élèves.

 

L'interprétation officielle du principe de la laïcité consiste à la distinguer d'une religion : la laicité n'est pas une religion civile. C'est un principe de neutralité de l'école publique. La laïcité n'est pas la promotion de l'athéisme : l'école est neutre relativement aux croyances des élèves et de leurs familles. L'école ne met pas en œuvre un enseignement religieux, mais un enseignement du fait religieux. C'est un principe qui doit organiser les conditions d'un espace public scolaire serein permettant aux élèves l'exercice du jugement critique. Dans ce cadre, les élèves ne peuvent se prévaloir de leurs croyances religieuses pour se soustraire aux enseignements prévus par les programmes officiels. En revanche, la loi prévoie une tolérance pour l'absence en cas de fêtes religieuses. Lorsque des élèves dérogent aux principes de la loi de 2004, c'est le dialogue qui doit être privilégié dans un premier temps, plutôt que la sanction.

 

Néanmoins, tout cela ne met pas fin aux controverses scolaires autour de la laicité :

- l'accompagnement des sorties scolaires par les mères voilées : après des incertitudes, la Ministre Najat Vallaud-Belkacem déclare que l'interdiction est l'exception, la tolérance doit être la règle

- Concernant les jupes longues : Le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité Nicolas Cadène rappelle les principes de laïcité à l'école considère que la loi porte en soi sur des signes qui sont objectivement religieux et pas sur le sens que leur donne les acteurs. Il faut juger le comportement des élèves s'il est contraire à la loi : par exemple refuser un cours de sport.

- Les repas de substitution à l'école : rien n'oblige les mairies, ni ne leur interdit d'en fournir.

 

2- Les conceptions de la laïcité

 

- La laïcité comme religion républicaine : L'analogie entre la laïcité et une religion peut être utilisée soit de manière critique, soit de manière positive.

Le philosophe Vincent Peillon, ancien ministère de l'Education nationale, dans son étude sur Ferdinand Buisson, un des théoriciens de la laïcité de 1905, montre comment celle-ci est considérée comme une religion rationnelle, une foi laïque. Le terme de religion renvoie ici à l'idée d'unir les citoyens autour de valeurs communes qui légitiment le pouvoir de l’État républicain.

En 1905, les militants anarchistes, pourtant athées et partisans de la séparation de l’Église et de l’État, s'opposent à la notion de laïcité pour cette raison. La laïcité renverrait à une conception de l’État qui définirait des valeurs auxquelles les citoyens devraient adhéré. Ils y voient une forme d'embrigadement. D'autant plus qu'initialement les cours de morale laic comportent une référence à Dieu. Certains considèrent que la France n'est pas tant une société laïc, qu'un mixte entre tradition chrétienne et républicaine : c'est le cas des jours féries qui restent en partie lié au calendrier chrétien.

 

- La conception républicaine et la conception libérale de la laïcité : La lecture libérale de la laïcité s'appuie sur l'idée que l’État doit être neutre relativement aux conceptions du bien. Il définie ce qui est juste et non pas ce qui est bien. Au contraire, pour les républicains, la laïcité n'est pas opposé au fait que l’État définisse des valeurs républicaines qu'il transmet au citoyens par le biais en particulier de l'instruction civique.

 

- Laïcité fermée/laïcité ouverte : Cette opposition est souvent récusée par les acteurs des controverses eux-mêmes.

 

Les tenants de la conception républicaine, comme le philosophe Henri Pena Ruiz, sont parfois accusés de promouvoir une vision fermée de la laïcité qui implique une neutralité stricte des services publics, en particulier scolaire, aussi bien de la part des fonctionnaires, que des usagers. Henri Pena Ruiz refuse d'adjoindre un adjectif à la notion de laicité. Pour lui, il n'y a pas différentes conception de la laicité, mais une essence de la laicité, et donc une seule conception légitime de la laïcité. De son point de vue, le concordat en Alsace-moselle constitue une anomalie qui devrait être supprimée pour être en conformité avec l'esprit de laicité.

 

Au contraire, d'autres comme le sociologue Jean Baubérot, considèrent que la laïcité en France n'a jamais renvoyé à un principe fixe dans l'histoire et aussi stricte : il distingue jusqu'à sept conceptions de la laicité dans le débat public. Il prend l'exemple du concordat avec l'Alsace-Moselle qui montre que la laïcité est un principe à géométrie variable. Il conteste la lecture de la laïcité comme neutralité. Il voit dans la focalisation autour du voile une crispation autour de l'Islam dans la société française qui dépasse la simple question de la laïcité. Il se prononce pour une conception de la laicité qu'il qualifie d'inclusive.

 

2- Les divisions dans le mouvement féministe au sujet de l'application du principe de laïcité

 

La question du voile islamique divise en France. L'exemple du mouvement féministe est à cet égard significatif. Il existe plusieurs positions relativement à cette question :

 

- les féministes républicaines : a) voient dans le voile islamique un symbole d'oppression sexiste des femmes par la religion dans la mesure où il n'est une obligation que pour les femmes. La laïcité apparaît alors comme un principe qui permet de respecté le principe d'égalité entre les filles et les garçons dans l'espace scolaire et l'universalisme républicain. L'enfant est accueilli à l'école sans que les enseignants n'aient à connaître de sa religion. Le principe de laïcité évite que les risques de conflits communautaires religieux soient importés au sein de l'école et divisent les enfants.

 

- les féministes dites « anti-racistes » : affirment que la loi contre les signes religieux ostentatoire a en réalité un arrière fond raciste. Elle serait le reflet d'une monté du racisme touchant particulièrement les personnes issues des anciennes colonies (lecture dite « postcoloniale ») et d'islamophobie. Elles rappellent que la République française, celle de Jules Ferry, avaient également justifiée le colonialisme au nom de la supériorité de l'Europe. Pour elles, les valeurs universalistes des Lumières ne sont donc pas une garantie d'émancipation, mais au contraire peuvent servir des projets d'oppression. A l'inverse, elles soulignent l'existence d'un courant de féminisme musulman. Ces théoriciennes tentent des relectures modernistes de l'Islam sans pour autant se couper de leur tradition et leur culture.

 

- les féministes « ni voile, ni loi » : Ce dernier courant partage des éléments des deux autres courants. Elles considèrent les religions, et donc le voile, comme des facteurs d'oppression des femmes. Mais en même temps, elles s'accordent sur le fait que les enjeux de la loi ne se trouvent pas dans une défense des droits des femmes. En effet, il s'agit d'une instrumentalisation du féminisme à d'autres fin. Elles sont donc opposées à l'expulsion des filles et préféreraient le maintien de celles-ci dans le système scolaire pour éviter qu'elles soient scolarisé ensuite dans un cadre confessionnelle.

 

Sources : DDHC de 1789 - Loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État -Loi de 2004 sur les signes religieux ostentatoires à l'Ecole- Charte de la laïcité de 2013

 

Bibliographie :

Baubérot Jean, « La laïcité française : républicaine, indivisible, démocratique et sociale », Cités, 2012, n°52.

Baubérot, « La neutralité » : une interprétation fallacieuse de la laïcité », Le Point, 06/02/2015.

Dot-Pouillard Nicolas, « Les recompositions politiques du mouvement féministe français au regard du hijab », SociologieS [En ligne], Premiers textes, mis en ligne le 31 octobre 2007, consulté le 25 juin 2015. URL : http://sociologies.revues.org/246

Locke John, Lettre sur la tolérance - Michea Jean-Claude, L'empire du moindre mal

Peillon Vincent, Une religion pour la république 

Pena-Ruiz Henri, « La laïcité ne va pas très bien en France », Vousnousils- L'e-mag de l'éducation, 31 octobre 2014.

 

Annexe:

 

Athée: ne croit pas en l'existence de Dieu

 

Agnostique: ne sait pas si Dieu existe

 

Théiste: admet une religion naturelle basée sur une connaissance non-rationnelle (ex: Rousseau)

 

Déiste: admet une religion naturelle basée sur une connaissance rationnelle de Dieu (ex: Voltaire)

 

- à noter néanmoins qu'à l'époque des Lumières la distinction Déiste et Théiste n'existe pas et  donc Voltaire utilise le terme de Théisme.

 

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Animé par Irène Pereira

 

PESPE en philosophie

ESPE de l'Université de Paris-EST

 

Docteure HDR en sociologie

 

Chercheuse associée au laboratoire

Lettres, Idées, Savoirs (LIS)

Université de Créteil.

 

Chercheuse associée 

au laboratoire Dynamiques européennes

(Université de Strasbourg)

 

Qualifiée professeur des Universités en sociologie (19)

 

Qualifiée MCF en philosophie (17), science politique (04) et sociologie (19).