Mini-études de cas

 

I) Situations professionnelles

 

Ces situations sont accompagnées de réponses possibles à titre indicatif.

 

1) Un élève lève le doigt pour poser une question. Il m'interroge sur une question de connaissance, mais qui n'a pas de rapport direct avec le programme.

 

a) Je lui dis que ce n'est pas dans le programme et je demande aux élèves de ne me poser des questions qui ont un rapport avec le cours.

 

b) Je prends le temps de lui répondre, mais sans trop approfondir.

 

c) Je lui propose de chercher lui même la réponse et de lui laisser demain deux minutes au début du cours pour expliquer ce qu'il a découvert sur le sujet.

 

2) Un élève veut parler d'un sujet d'actualité ou d'un sujet qui le passionne en classe.

 

a) Je lui réponds que ce n'est pas dans le programme et que nous n'avons pas le temps pour cela.

 

b) J'en profite pour lui demander de faire un petit exposé sur sa passion.

 

c) Je décide d'expliquer le sujet d'actualité aux élèves et même d'organiser un mini-débat sur la question.

 

3) Un élève me demande « ce que c'est un homosexuel ».

 

a) Je lui dit que ce n'est pas un sujet de son âge. Je ne veux pas avoir de problème avec les parents d'élèves.

 

b) Je saisie l'occasion pour discuter avec les élèves de l'homosexualité et les sensibiliser à la lutte contre l'homophobie.

 

5) En maternelle, les élèves font des remarques en disant que tel ou tel jeu est pour les filles ou les garçons.

 

a) Je les laisse dire : je me dis que c'est normal, il faut qu'ils apprennent à reconnaître les identités de genre.

 

b) Je me dis qu'il faudra avoir une discussion d'ici quelques années avec eux sur les stéréotypes de genre.

 

c) Je décide d'en discuter avec eux. Pour cela, je leur lis un album jeunesse sur le sujet.

 

 

 

6) Un élève ne veut pas s’asseoir à côté d'un autre élève. Je soupçonne qu'il s'agit de préjugés racistes.

 

a) N'étant pas certain que ce soit le cas, je décide de ne pas plus chercher.

 

b) Je cherche à creuser le sujet avec lui pour connaître les raisons de son attitude.

 

c) J'en profite pour faire des remarques générales sur le racisme.

 

7) Certains élèves finissent systématiquement en avance leurs travaux.

 

a) Je leur demande d'attendre sagement que les autres aient fini.

 

b) Je leur redonne encore des exercices semblables à faire

 

c) Je leur propose d'inventer eux-mêmes des exercices du même type.

 

8) Certains élèves sont très en difficulté. Leurs parents ne parlent pas français et n'ont pas fait d'études.

 

a) Je me dis qu'il n'y a pas grand-chose à faire. Il y a trop d'inégalités sociales.

 

b) Je décide d'étudier les méthodes qui ont été analysées comme les plus efficaces pour aider les élèves en difficulté.

 

9) En maternelle, je dois mettre en place des ateliers. Mes élèves sont peu autonomes et l'école dispose de faibles moyens.

 

a) Je me dis qu'il n'y pas grand-chose à faire. Je prévois quelques ateliers basiques qui me paraissent demander peu d'effort cognitifs.

 

b) Je me dis qu'il n'y a pas de raison. Avec un peu d'imagination, je peux réussir à faire des ateliers qui nous permette de travailler tout au long de l'année et dans tous les domaines sur l'initiation aux arts.

 

10) Un élève me dit qu'il ne comprend pas comment on trouve la solution d'un problème.

 

a) Je lui réexplique avec des mots différents.

 

b) Je mets à haut parleur sur ma pensée (modeling) de manière à lui rendre explicite mon activité mentale de résolution de problème.

 

c) J'ajoute à mon explication des remarques métacognitives sur les stratégies de résolution de problème.

 

11) Un élève me dit qu'il ne comprend pas pourquoi on doit faire tous ces exercices.

a) Je lui dis qu'il doit aller à l'école et avoir des bonnes notes s'il veut avoir un bon métier plus tard.

 

b) Je dégage les enjeux des connaissances qu'il est en train d'apprendre.

 

c) Je lui demande à lui en quoi il est possible de trouver un sens intéressant à ce que l'on étudie à l'école.

 

II) Situations en formation professionnelles

 

Certaines réponses ont été fournies par des étudiants de l'ESPE.

 

1) J'arrive en retard à un cours. L'enseignant m'en fait la remarque :

 

a) Je lui dis: « vous avez raison. C'est une formation professionnelle. Je dois arriver à l'heure ».

 

b) Je lui répond sèchement qu'il exagère car c'est déjà assez compliqué pour moi d'arriver à l'heure.

 

2) Je suis en M2. J'assiste à un cours qui me présente des connaissances théoriques. Je me dis :

 

a) Cela ne sert à rien, c'est une perte de temps. Il nous faudrait uniquement des cours pratiquo-pratiques.

 

b) Cela rentre dans la compétence n°14 du référentiel : « tenir compte des apports de la recherche ». Je réfléchis en même temps que j'écoute le cours à la manière dont je pourrais transposer ces connaissances dans ma pratique.

 

c) Je pose des questions à l'enseignant me permettant de mieux faire le lien entre le cours théorique et ma situation pratique.

 

3) On me demande de rendre une évaluation de quelques pages pour une UE.

 

a) Je me dis que c'est abusé. La formation est trop exigeante. On nous demande trop de travail entre les études et la classe.

 

b) Je me dis, après tout, si j'étais en classe préparatoire, ce serait la même chose : j'aurai une grosse charge de travail. Je n'ai qu'à le voir comme un moyen d'apprendre à mieux m'organiser.

 

c) C'est normal que l'on soit exigeant avec moi, car il faudra également que je sois exigeant avec mes élèves si je veux les faire progresser.

 

4) Je dois rédiger un mémoire professionnel.

 

a) Je me dis : « ils exagèrent. C'est trop de travail ». Vivement que je trouve le moyen de faire des copier-coller.

 

b) Je me dis : « Après tout, cela peut être l'occasion d'essayer d'écrire quelque chose de personnel et d'original sur un sujet qui me tient à coeur ».

 

5) On me dit qu'en tant qu'enseignant, je dois lire. J'apprends que les gros lecteurs lisent 25 livres par an au moins.

 

a) Je me dis que c'est un objectif que je vais essayer d'atteindre car un enseignant se doit d'être le plus cultivé possible.

 

b) Je me dis que c'est n'importe quoi, personne ne lit un livre en entier de nos jours.

 

c) Je vais voir l'enseignant en fin de cours pour lui dire que je me sens agressé par une telle demande. 

 

6) On nous propose de réfléchir à l'esprit critique et aux conditions de sa mise en œuvre.

 

a) C'est une perte de temps. Je n'ai pas besoin d'être à l'ESPE pour faire preuve d'esprit critique. Ce dont j'ai besoin c'est d'un matériel concret pour mes cours d'EMC.

 

b) C'est l'occasion d'avoir un débat sur le sujet et de mesurer ce qu'il est possible ou non de dire lorsqu'on est devant des élèves.

 

7) Nous parlons à l'ESPE du cours d'EMC et de la partie consacrée à « l'engagement ». L'enseignant nous demande si nous sommes nous même engagés :

 

a) Je me dis « un enseignant cela doit être neutre ».

 

b) Je réponds : « je suis engagé dans la transmission des valeurs humanistes de la République ».

 

c) J'ai conscience des inégalités sociales et j'estime qu'il faut un engagement social volontariste de l'enseignant dans la lutte contre les inégalités sociales.

 

 

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Animé par Irène Pereira

 

PESPE en philosophie

ESPE de l'Université de Paris-EST

 

Docteure HDR en sociologie

 

Chercheuse associée au laboratoire

Lettres, Idées, Savoirs (LIS)

Université de Créteil.

 

Chercheuse associée 

au laboratoire Dynamiques européennes

(Université de Strasbourg)

 

Qualifiée professeur des Universités en sociologie (19)

 

Qualifiée MCF en philosophie (17), science politique (04) et sociologie (19).