L'aliénation des élèves des classes populaires dans la forme scolaire.

 


La critique de l'aliénation scolaire est présente chez les familles qui recherchent pour leurs enfants des pédagogies, des écoles alternatives ou qui se tournent vers la descolarisation. Ils reprochent au particulier à l'école de ne pas favoriser la créativité des élèves. Pourtant c'est plus encore pour les enfants issus des classes populaires que l'aliénation scolaire est présente.


Style éducatif des classes populaires et aliénation scolaire :


Tous les groupes sociaux sont désormais mobilisés vers la réussite scolaire de leurs enfants. Mais les possibilités pour chacun, en fonction de son niveau d'étude et de sa place occupée au sein du système de production, ne permet pas à tous de comprendre les règles du jeu scolaire.

Les parents des familles des classes populaires occupent des emplois d'exécution. Leur passage par le système scolaire ne s'est pas forcement bien passé et ils n'ont pas toujours pu comprendre les transformations qui ont amenés à passer d'une école de la restitution à une école de la compréhension (Samuel Joshua).

De fait, les parents des familles des classes populaires restent souvent attachés aux formes les plus scolaires de rapport au savoir : écouter sagement l'enseignant, copier et recopier, apprendre par coeur. C'est par exemple ce que montrent les travaux de Sandrine Kakpo et Patrick Rayou sur les devoirs à la maison (Séverine Kakpo et Patrick Rayou, « Contrats didactiques et contrats sociaux du travail hors la classe », Éducation et didactique, Vol.4-n°2 | 2010, 41-55).

Ce rapport à l'école tend à privilégier les dimensions disciplinaires (le comportement) et les compétences de bas niveau intellectuel : mémoriser et restituer.

 

Rapport au savoir des enfants des classes populaires et aliénation scolaire :

Les travaux sociologiques sur le rapport au savoir des élèves des classes populaires mettent également en lumière l'aliénation que subissent les élèves dans leur rapport au savoir par la forme scolaire et l'organisation sociale inégalitaire.

En effet, lorsque les élèves des classes populaires en échec scolaire sont interrogés sur les raisons pour lesquelles ils sont à l'école, ils mettent en avant le fait qu'il s'agit d'avoir de bonnes notes. Le fait de chercher à comprendre ou éprouver de l'intérêt pour les savoirs enseignés est souvent absent à la différence des bilans de savoir des élèves en réussite scolaire. (Rochex et al., Ecole et savoir dans les banlieues et ailleurs….).

Les élèves ne voient pas l'intérêt des savoirs scolaires. C'est dans la vraie vie et non à l'école que l'on apprend les connaissances intéressantes.

Les efforts socio-constructivistes pour rendre intéressants les savoirs scolaires se traduisent par des malentendus socio-cognitifs (Bautier). Les élèves ne perçoivent pas le « cadrage instruit » que supposent le rapport au savoir lettré. Ils restent pris dans les usages quotidiens, mais surtout dans les normes du discours qui sont celles de la culture des industries du divertissement.

 

Travail scolaire et aliénation :

 

Le rapport entre le temps consacré par les élèves au travail scolaire et les résultats scolaires n'est pas proportionnel. Certains élèves passent un temps important à effectuer des travaux scolaires sans comprendre réellement ce qui est attendu d'eux et cela se traduit par des résultats tout juste suffisants, voir insuffisants. Ces élèves qui consacrent un temps considérable à des tâches scolaires à faible charge cognitive sont ce qu'Anne Barrère qualifie de forçats de l'école.


Conclusion:

Alors quel'école est passée d'une école de la restitution à une école de la compréhension (Joshua), les élèves des classes populaires en difficulté et leur famille semblent être restés sur la forme scolaire de l'école de la restitution. Cela produit un malentendu entre les milieux populaire et l'école. Mais, cette attitude est parfois la conséquence du type même de discours et de travaux que les enseignants dispensent à leurs élèves.

Néanmoins, le passage d'une école de la restitution à une école de la compréhension ne saurait suffire à la désaliénation de la forme scolaire car sans doute est-il nécessaire de passer d'une école de la compréhension à une école de la créativité. 

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Commentaires: 1
  • #1

    marianne (jeudi, 02 novembre 2017 18:59)

    quelle mauvaise blague discriminatoire que cet article!
    Alors qu'il serait constructif de questionner la sacrée sainte école, voila un article totalement inutile qui tente de déplacer l'origine du problème scolaire (sur une cause sociale! taxant les milieux populaires de faible capacité intellectuelle, c'est du joli!).
    Le but serait-il de défendre des institutions asphyxiantes tant pour le personnel éducatif que pour les élèves (INDIFFÉREMMENT DE LEUR MILIEU SOCIAL!!!) n'ayant pas évolué depuis les années 70-80 ???
    Et une conclusion plus que lamentable...Quelles confusions aberrantes entre classe sociale (oh si bien hiérarchisée!) et réussite scolaire!

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Animé par Irène Pereira

 

PESPE en philosophie

ESPE de l'Université de Paris-EST

 

Docteure HDR en sociologie

 

Chercheuse associée au laboratoire

Lettres, Idées, Savoirs (LIS)

Université de Créteil.

 

Chercheuse associée 

au laboratoire Dynamiques européennes

(Université de Strasbourg)

 

Qualifiée professeur des Universités en sociologie (19)

 

Qualifiée MCF en philosophie (17), science politique (04) et sociologie (19).