Après le 13 novembre : Que peut l'école ?



Analyser les facteurs qui ont contribué à la situation actuelle qui voit certains jeunes gens rejoindre les rangs du salafisme djiadisme et perpétrer des attentats, n'est pas aisé… Il est possible de se demander, néanmoins après le 13 novembre 2015, que peut l'école ?


L'école et la question sociale


Lorsque l'on voit apparaître les noms de villes telles que : Montreuil, Bobigny, Drancy, Saint-Denis : toutes situées en Seine Saint-Denis, lorsque l'on pense que la France et la Belgique sont les deux territoires européens impliqués dans ces événements terroristes... on ne peut s'empêcher de penser au rôle de la question sociale.


La Seine Saint-Denis est le département le plus pauvre de France avec 14 % de la population en dessous du seuil de pauvreté. Ce département se caractérise par une forte ségrégation sociale et ethnique. Un élève à Paris et un élève en Seine Saint-Denis n'ont pas la même valeur économique : l’Education nationale dépense plus pour le premier que pour le second. Cela alors que l'Academie de Creteil, et en particulier la Seine Saint-Denis, concentrent le plus de zones d'éducation prioritaires en France.


La France est avec la Belgique le pays qui reproduit le plus les inégalités sociales de l'ensemble des pays de l'OCDE.


Ce qu'on peut donc demander à l'école, c'est qu'elle ne reproduise plus autant les inégalités sociales.


Une pédagogie de l’interculturalité


Ce que l'on peut demander en outre à l'école, c'est qu'elle déconstruise les discours de racisme et de xénophobie. On peut demander à ce que les enseignants soient formés à faire connaître les autres cultures, et en particulier la civilisation islamique, en n'en restant pas à des visions simplistes.


En particulier, on peut demander à l'école que celle-ci ne présente pas les droits humains comme des valeurs nationales, mais comme des principes de l'humanité dans son ensemble. Cela suppose en particulier de se référer au travaux menés par l'UNESCO sur le dialogue interculturel et l'effort qui a été fait pour essayer de dégager par delà la diversité des cultures des concepts communs, par exemple autour de la notion de paix.


La conscientisation sociale


Ce que l'on pourrait attendre des enseignants, c'est qu'ils aient un peu plus de conscience sociale et ne se contentent pas d'un discours superficiel sur la République.


Il serait souhaitable que les enseignants soient en capacité de montrer comment les savoirs scolaires peuvent être des outils d'analyse de la réalité sociale et peuvent donc prendre sens pour des élèves des classes populaires.





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Animé par Irène Pereira

 

PESPE en philosophie

ESPE de l'Université de Paris-EST

 

Docteure HDR en sociologie

 

Chercheuse associée au laboratoire

Lettres, Idées, Savoirs (LIS)

Université de Créteil.

 

Chercheuse associée 

au laboratoire Dynamiques européennes

(Université de Strasbourg)

 

Qualifiée professeur des Universités en sociologie (19)

 

Qualifiée MCF en philosophie (17), science politique (04) et sociologie (19).