Les finalités de l'enseignement: Instruire/Eduquer/Former

 

 

 

Les finalités de l'enseignement sont souvent résumées par ces trois notions que sont « Instruire/éduquer/former ». Mais si le système d'enseignement français se propose en diverses proportions selon l'âge et le type d'études suivies, ces trois finalités, elles ne sont pas nécessairement si conciliables que cela.

En effet, il est possible de les opposer deux à deux. Ainsi, on oppose souvent les finalités instruire/éduquer. La finalité consistant à instruire est tournée vers un idéal centré sur la transmission de connaissances. Au contraire, éduquer est une notion plus large. Elle suppose de prendre l'élève comme une personne dans son intégralité. Or la question qui se pose consiste à savoir s'il revient au système d'enseignement public, géré par l’État, non seulement de transmettre des connaissances, mais également d'éduquer. Cette activité ne doit-elle pas être réservée à la famille ? N'y a-t-il pas un risque d'embrigadement de l'enfant par l’État ?

Mais on oppose également généralement le couple éduquer/former. Cette fois, on insiste sur le fait qu'éduquer recouvre deux dimensions. La première consiste dans l'épanouissement de la personnalité intégrale de l'enfant. La seconde prend en compte que l'enfant est conduit à vivre en société et qu'il faudra faire de lui un être social : il s'agit d'apprendre à vivre en société. Mais de son côté, la notion de formation semble plus directive : étymologiquement, former, c'est faire rentrer dans une forme. Si on parle de formation à la citoyenneté (là où on devrait parler plutôt d'éducation à la citoyenneté), c'est surtout la formation à l'emploi qui constitue l'enjeu des débats. La notion de formation tend à être rabattue sur son sens professionnalisant. Or, l'école doit elle avant tout former et adapter les élèves au marché de l'emploi. Peut-elle se désintéresser de la finalité des connaissances qu'elle transmet ou des savoirs-être auxquelles elle éduque dans le cadre d'une société marquée par un chômage de masse ?

 

Ce triptyque « instruire, éduquer, former » renvoient ainsi à trois idéaux-types. L'instruction peut être reliée à un idéal type républicain : une instruction commune serait une condition de base de l'institution de la citoyenneté. Éduquer renverrait à la figure du pédagogue. Mais on verra que les visées que se donnent la pédagogie recouvrent en réalité plusieurs conceptions de l'éducation qui ne sont pas nécessairement compatibles entre elles. Enfin, « former » peut être vu comme la finalité de l'idéal type libéral. Il s'agit de former des individus qui peuvent s’insérer dans le marché de l'emploi et si possible accéder au statut d'entrepreneur. Néanmoins est-ce bien là le sens qu'il faut donner à la formation ?

 

I- Instruire, une mission encore d'actualité ?

 

Question : Faut-il continuer à instruire ? L'idéal républicain est celui de la formation du citoyen par la transmission d'une culture de base. Néanmoins cet idéal est-il encore d'actualité ou est-il dépassé dans une société moins homogène culturellement et marquée par des changements sociaux beaucoup plus rapides ?

 

1- L'instruction, une première finalité de l'enseignement républicain

 

En 1791, Condorcet, dans son rapport sur l'instruction publique, fixe au système public d'enseignement, non pas la finalité d'éduquer, mais d'instruire. En effet, l'éducation doit être réservée aux familles. Si l’État se charge de l'éducation, il risque de se substituer au rôle des familles dans la transmission des systèmes de valeurs et il risque d'embrigader les consciences des citoyens.

 

Il s'agit de transmettre des connaissances qui constituent la base d'une culture commune aux citoyens. Cette culture est nécessaire pour assurer l'unité de la République.

 

Sous la Troisième République, cette culture commune est assurée par la formation dans le cadre de l'école primaire. Il ne s'agit pas d'instruire tous les élèves pour qu'ils intègrent le collège, puis le lycée. Ceux-ci sont réservés à la formation de l'élite sociale.

 

Les savoirs fondamentaux consistent à savoir « lire, écrire et compter ». A cette formation de base du citoyen républicain, doivent être ajoutés les cours de morale laïque. En tant que membre d'une république démocratique, le citoyen doit connaître les valeurs fondamentales et avoir les connaissances fondamentales de base qui lui permettent d'assurer son rôle d'électeur.

 

Pour la formation de l'élite sociale, la transmission d'une culture humaniste classique constitue également un fondement. Il s'agit de posséder un savoir désintéressé qui forme le goût et les valeurs de l'élite sociale. Cette formation passe par la maîtrise des humanités antiques. Le grec et le latin occupent une place importante dans cette formation.

 

2- La critique de la transmission des connaissances

 

Cet idéal républicain de transmission de connaissances est attaqué de plusieurs manières :

 

- tout d'abord, on lui oppose la finalité éducative. En effet, la conception instructionniste conduirait à négliger des dimensions importantes de la construction de l'individu. Il ne s'agit pas seulement d'instruire, une intelligence. L'élève est une personne : il a un corps, une sensibilité, une personnalité… Il s'agirait d'avoir une approche holistique qui se donne l'objectif de prendre en compte l'élève dans son intégralité et non pas partiellement.

 

- la transmission de connaissance ne serait pas adaptée à la formation de l'intelligence. Il s'agirait non pas de transmettre des contenus, mais d'entraîner à l'esprit critique et d'apprendre des savoirs-faire plutôt que des connaissances. Cette critique est déjà présente depuis la Renaissance. Elle se trouve chez Montaigne : « plutôt une tête bien faîte, que bien pleine ».

 

- la méthode transmitive s'appuie traditionnellement sur l'exposé magistral. Cette méthode serait incompatible avec la formation d'un esprit critique et d'une intelligence scientifique moderne. Elle inciterait les élèves à entretenir un rapport dogmatique au savoir comme lors d'un prêche à l’Église. Il faudrait au contraire adopter une démarche expérimentale qui suppose que l'élève ne reçoive pas des connaissances, mais surtout qu'il apprenne une démarche et des méthodes.

 

- l'idéal de transmission d'une culture commune est obsolète car il n'existe plus une culture générale qui ferait consensus. La culture humaniste classique est concurrencée par la légitimité d'autres savoirs : scientifiques – sciences de la nature et sciences humaines -, langues modernes, culture technique, culture des autres civilisations que la civilisation greco-latine ...

 

- l'idéal de transmission de connaissances n’apparaît plus adapté dans une société marquée par un rapide changement social. De nombreux contenus scientifiques seront dépassés avant la fin de l'existence des élèves. Il s'agit non pas d'apprendre des connaissances, mais d'apprendre à apprendre pour se former tout au long de l'existence.

 

3- Connaissance et psychologie des apprentissages

 

A l'ère de la société de l'information et de l'internet, peut-on se contenter d'apprendre à chercher l'information et à raisonner pour que les élèves puissent acquérir des connaissances ?

 

Les études en psychologie cognitive mettent en avant le lien entre information, organisation de l'information, compréhension et mémorisation. Il faut pour comprendre l'information avoir déjà des informations en mémoire. C'est pourquoi le niveau de vocabulaire (nombre de mots connus par l'enfant) avant l'entrée au CP est relativement prédictif de ses difficultés scolaires futures.

 

Néanmoins, l'opposition classique entre raisonnement et mémorisation n'est pas exact. L'école traditionnelle était vue comme une école de la restitution. Les élèves apprenaient des contenus sans nécessairement les comprendre. Néanmoins, aujourd'hui nous sommes passés dans une école de la compréhension : on exige que les élèves non seulement aient des connaissances, mais qu'ils les aient suffisamment compris pour savoir les utiliser avec pertinence.

 

La mémorisation au contraire est renforcée par l'organisation de la connaissance et par la compréhension. Mémorisation et compréhension sont donc indissociables.

 

Ce qui différencie un novice d'un expert, n'est pas leur capacité de raisonnement, mais leurs connaissances sur un sujet. Ainsi, les capacités de raisonnement spécialisées dans un domaine ne sont pas transférables dans un autre domaine indépendamment des contenus sur lequel l'expert a pris l'habitude de raisonner.

 

II- Eduquer, mais dans quel sens ?

 

Les pédagogues ont pu reprocher aux républicains d'avoir une vision trop partielle de l'élève, de ne se soucier que de son intellect et d'oublier qu'il est une personne dont l'intellect ne peut être dissocier d'un corps et d'une sensibilité. Il s'agirait alors non pas seulement d'instruire, mais également d'éduquer une personnalité complète.

 

1- L'épanouissement personnel et le bien-être comme finalité

 

a- Les présupposés :

 

On trouve chez les pédagogues, en particulier d'inspiration psychanalytique, l'idée que l'éducation doit viser à permettre à l'enfant d'épanouir sa personnalité, d'atteindre une situation de bien-être. Il est possible de remarquer la proximité entre cette finalité de l'éducation et certaines formes de développement personnel. En effet, certains auteurs peuvent être une source d'inspiration dans les deux domaines comme le psychanalyste Carl Rogers.

 

L'éducation ne viserait pas à imposer une contrainte à l'enfant qui serait la condition de possibilité à son accès à l'autonomie et à la liberté comme le pensait par exemple le philosophe Kant. L'éducation devrait prendre appui sur les tendances spontanées de l'enfant et les aider à les développer. Spontanément, l'enfant serait guidé par un principe de plaisir. Il s'agit en particulier de veiller au bien-être psychologique de l'enfant. Ce sont par exemple les principes à l'oeuvre dans la célèbre école de Summerhill, mis en place par Alexander Neil.

 

b- Les critiques :

 

Cette vision de l'éducation pose plusieurs difficultés :

 

- Tout d'abord, l'enfant y est défini à partir d'un principe spontané individuel. De fait, la question de la socialisation et de la vie en société passe au second plan par rapport à l’épanouissement individuel. L'être humain n'est pas vu comme un être dont la personnalité est également un processus qui se construit à travers des interactions sociales.

 

- Les pédagogies qui visent l'épanouissement de l'enfant s'opposent généralement aux conceptions qui visent comme premier principe l'adaptation de l'enfant aux normes sociales. De fait, ces pédagogies s'opposent à première vue aux conceptions libérales qui affirment que l'individu doit s'adapter au marché de l'emploi. Néanmoins, elles partagent des points communs avec le libéralisme utilitariste qui sous-tend les théories du marché. En effet, l'individualité de l'enfant y est conçue comme une réalité pré-sociale : ce sont donc des conceptions individualistes. En outre, l'individu y est considéré comme mu par un principe de plaisir. Dans l'utilitarisme économique libéral, l'individu poursuit son plaisir en l'optimisant par un calcul dans le marché. Il existe donc une porosité possible entre ces deux conceptions de l'individu. Ainsi, le développement personnel peut se transformer en un marché dans lequel l'épanouissement peut être recherché dans des produits de consommation.

 

- La recherche du bien-être comme finalité peut s'appuyer par la recherche de pédagogies ludiques qui se basent sur le plaisir du jeu comme ressort de l'apprentissage. Or la question qui se pose est le lien entre plaisir et cognition. Il n'est pas certain que le plaisir soit le signe de l'acquisition d'un apprentissage : ce n'est pas parce que l'élève a eu du plaisir à faire l'activité qu'il a appris quelque chose. L'opposition entre bien-être et cognition peut apparaître encore plus marquée lorsque l'enseignant sous prétexte de veiller au bien-être d'enfant dans les zones d'éducation prioritaire considère les apprentissage comme secondaire car les difficultés d'apprentissage sont sources de mal-être et de difficulté chez l'enfant.

On peut alors se demander dans quelle mesure cette attitude n'est pas la projection d'un ethos de classes moyennes des enseignants sur des enfants des classes populaires. En effet, l'échec scolaire peut être lié chez les enfants des classes moyennes à un mal-être scolaire. Une école bienveillante soucieuse du bien-être de l'enfant peut aider le raccrochage de ces élèves. Mais l’échec des élèves issus des milieux populaires peut être davantage lié à une reproduction sociale en lien avec un manque d'accumulation d'un capital culturel qui s'acquiert dans les familles en dehors du milieu scolaire.

 

2- L'éducation à la vie en société

 

Certains pédagogues considèrent que l'éducation doit permettre à l'élève d'apprendre à vivre en société. Comme l'écrit John Dewey : « l'école n'est pas une préparation à la vie, elle est la vie elle-même ».

 

La pédagogie institutionnelle met ainsi en avant le travail d'institution des règles de vie de classe et du fonctionnement de l'école à travers des conseils d'élèves. Ces méthodes visent à montrer aux élèves que dans une société démocratique, les règles ne sont pas issues de la nature ou de Dieu, mais elles sont instituées par les êtres humains. Ces méthodes apprennent par la pratique aux élèves à vivre leur rôle de citoyen sans attendre l'âge de la majorité.

 

III- Former des travailleurs, une soumission au marché ?

 

L'idéal de formation de travailleur peut sembler entrer en opposition avec celui d'épanouissement de la personnalité propre de l'élève, à moins de trouver un travail dans lequel on s’épanouit. Néanmoins, il est possible de constater que la finalité visant à former des travailleurs recouvre en réalité deux projets différents.

 

1- Une formation adaptée au marché de l'emploi

 

Les familles aussi bien que les employeurs peuvent attendre de l'école qu'elle forme des élèves qui peuvent s’insérer facilement dans le marché de l'emploi et qui soient directement opérationnels à un poste de travail.

 

L'enseignement issu du modèle républicain est considéré comme trop théorique. Il vise une culture désintéressée et non pas directement utilitaire. Cette instruction est jugée peu adaptée par les employeurs.

L'éducation en tant qu'elle vise un idéal d'épanouissement de la personnalité de l'élève est jugée peu réaliste. Elle conduit les élèves à s'orienter vers des métiers vocationnels, mais considérés comme à faibles débouchés comme les professions artistiques.

 

Les familles quelques soit leur niveau social, du fait de l'emprise des diplômes, voient dans la diplomation, ce qui est sensé protéger leurs enfants du chômage et leur ouvrir les portes du marché du travail.

 

Mais les attentes des employeurs sur ces questions ne sont pas les mêmes selon qu'il s'agit d'artisans ou de grandes entreprises :

- en effet, les artisans et petites entreprises recherchent des employés très spécialisés, directement opérationnels sur le poste de travail de manière à économiser le temps et le coût d'une formation.

- au contraire, les grandes entreprises recherchent des salariés flexibles et adaptables qui pourront grâce à la logique des compétences pouvoir occuper plusieurs postes de travail différents en fonction de l'évolution de la société.

 

En outre, il faut souligner une particularité française sur l'évolution de la carrière des salariés : c'est le poids de la formation initiale. Par rapport à d'autres pays, comme l'Allemagne, la formation professionnelle continue y occupe moins de place.

 

2- Les limites de la logique marchande

 

Néanmoins, le fait d'adapter la formation des élèves à la logique de marché du travail pose un certain nombre de difficultés :

 

- le décalage temporel entre la formation et le marché du travail : un travailleur se forme sur plusieurs années. Ainsi entre le début de sa formation et son arrivée sur le marché du travail, les demandes ont pu évoluer.

 

- un salarié qui est formé de manière trop spécialisée risque d'être obsolète rapidement. Si sa spécialité disparaît, il perd de fait son emploi et doit totalement se reformer pour pouvoir accéder à un nouvel emploi. S'il ne possède pas une formation suffisamment générale, il aura du mal à posséder les ressources d'abstraction pour utiliser ses compétences à se former dans un nouveau domaine.

 

- un haut niveau de formation générale et à l'esprit critique permet au salarié de gagner en autonomie par rapport à son employeur et de n'être pas seulement dans une relation sujétion. Une telle conception de l'éducation présuppose que le marché de l'emploi repose en réalité sur des rapports sociaux inégalitaires et que l'employé doit posséder des armes intellectuels pour pouvoir se défendre face à l'exploitation et à l'aliénation dans le rapport capitaliste.

 

3- Former des travailleurs autonomes

 

Le mouvement ouvrier au XIXe siècle et au début du XXe avait conféré un autre sens à la formation professionnelle. Pour les militants socialistes, une société égalitaire était une société de producteur, débarrassée de la classe capitaliste parasite qui vivait sans travailler et/ou qui s'enrichissait en exploitant le travail de leurs salariés.

 

Il s'agissait donc de défendre un projet d'éducation intégrale visant à développer la formation professionnelle.

 

Pour Pierre-Joseph Proudhon, la mise en avant de la formation professionnelle met en lumière le rôle de la classe ouvrière dans l'institution de la culture. En effet, pour lui, les idées intellectuelles sont sorties des activités de la production. Il s'oppose ainsi à toute une tradition philosophique et religieuse qui a mis à la base de la culture, l'esprit et la théorie (la contemplation). Proudhon entend redonner sa dignité au travail manuel.

 

La seconde dimension tient au fait que Proudhon plaide pour une formation continue tout au long de la vie qui permette à l'ouvrier d'acquérir progressivement une maîtrise de toutes les dimensions de son métier. L'enjeu de cette formation continue porte sur la remise en question de la distinction entre manuel et intellectuel. Il s'agit de faire en sorte que chacun puisse au sein de son travail développer l'ensemble de ses capacités. Il s'agit de remettre en question le fait que certain ne développent pas leur intelligence et soient condamnés uniquement aux tâches d'exécution tandis que d'autres assument les tâches de direction et de conception.

 

Dans la lignée de Proudhon, des pédagogues anarchistes et syndicalistes révolutionnaires développent une conception de l'éducation intégrale qui s'adresse en priorité aux enfants des milieux ouvriers afin de les préparer à pouvoir renverser la société capitaliste.

 

Ces pédagogues développent une autre conception de l'être humain que celle qui est impliquée dans les versions tournée vers le bien-être ou la consommation. L'enfant, selon Celestin Freinet, tend spontanément vers l'activité, le travail. Ce qui est naturel à l'enfant, c'est le travail et non pas le jeu. Freinet appelle jeu-travail, le jeu qui correspond aux besoins de l'enfant. Il l'oppose au jeu-haschich qui est une activité répétitive dans laquelle l'enfant ne développe aucune de ses capacités.

 

Le plaisir n'est pas la finalité de l'activité. Il n'est qu'un effet de l'activité créatrice. Ce à quoi tend naturellement l'enfant, c'est à croître et à développer ses capacités. C'est cela que Freinet appelle le travail. L'activité pédagogique vise donc non pas à ludifier le travail scolaire, mais à faire en sorte de mettre l'enfant au travail et de lui proposer un travail qui ai du sens, qui ne soit pas un travail scolaire aliénant. L'enfant ne cherche pas nécessairement à fuir l'effort, mais il est capable s'il trouve de l'intérêt à son travail de transcender son état présent pour accroître son être.

 

La finalité de l'enseignement est ici de proposer à l'élève une éducation qui lui fournisse les armes critiques nécessaire à ce qu'il soit un militant capable de combattre pour son émancipation individuelle et collective. Le travail est une activité sociale. L'éducation doit donc permettre à l'enfant de travailler en coopération avec les autres enfants de manière à ce qu'il se construise en tant qu'être social. Par son travail, l'enfant s'épanouie et développe l'ensemble de ses capacités.

 

La formation professionnelle constitue la base d'une telle conception de l'éducation, mais elle n'a pas du tout le même sens que dans la conception libérale. L'éducation syndicaliste s'oppose à l'élitisme aristocratique de la conception républicaine. La culture désintéressée est le luxe de ce qui n'ont pas besoin de travailler. Il s'agit au contraire de former des individus qui seront prêts à assumer des tâches socialement utiles à la collectivité. Mais en même temps, la culture ouvrière ne doit pas se limiter uniquement aux connaissances de base car elle doit permettre de développer l'ensemble des capacités de l'enfant. Cette éducation syndicaliste s'oppose à la formation libérale. En effet, il ne s'agit pas de former un travailleur qui soit un futur exécutant. Il s'agit de former un travailleur autonome, capable d'assumer aussi bien les tâches d'exécution que les tâches de conception, capable de faire preuve d'esprit critique, lui permettant de s'opposer à l'exploitation qu'il subie.

 

L'éducation comprend ici l'instruction et la formation pour développer un projet d'émancipation social et individuel intégral.

 

 

 

 

Républicain

Pédagogue

Libéral

Socialiste libertaire

Exemples d'auteurs connus

Condorcet

Jacques Muglioni

Alain Finkielkraut

Neil

Rogers

Dewey

Oury

Spencer

Proudhon

Robin

Faure

Freinet

 

 

Bibliographie :

 

Condorcet, Cinq mémoires sur l'instruction publique.

Fotopoulos Takis, « De la (mes)éducation à la Paideia ».

Freinet, L'école du travail

Joshua Samuel, « L'enseignant comme directeur d'étude ».

Kant, Traité de pédagogie

Lieury Alain, Mémoire et réussite scolaire

Neil Alexander, Libres enfants de Summerhill

Oury Fernand, La pédagogie institutionnelle.

Proudhon PJ, De la justice dans la Révolution et l'Eglise

Tomei Samuel, «  Enseignement public ou éducation nationale ? L'enseignement de la Troisième République », 22 juillet 1970. Disponible sur : http://www.mezetulle.net/article-26934548.html#notes

 

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Commentaires: 2
  • #1

    ced (mardi, 03 janvier 2017)

    Program for 03rd JAN 2017

    (DLG)ETD 0730 LOCAL
    FIH-FBM-FIH
    MR0600,MM0545,IL0530,MA,GO

    (CVN)
    TECHNIQUE
    (CVZ)
    STB
    (CSS)
    STB
    (DOM)
    STB
    (CVS)
    STB
    (CFL)

    STB : SH,KL
    OFFICE : CB

  • #2

    magne (mardi, 31 octobre 2017 17:43)

    jjjj

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Animé par Irène Pereira

 

PESPE en philosophie

ESPE de l'Université de Paris-EST

 

Docteure HDR en sociologie

 

Chercheuse associée au laboratoire

Lettres, Idées, Savoirs (LIS)

Université de Créteil.

 

Chercheuse associée 

au laboratoire Dynamiques européennes

(Université de Strasbourg)

 

Qualifiée professeur des Universités en sociologie (19)

 

Qualifiée MCF en philosophie (17), science politique (04) et sociologie (19).